vendredi 17 juin 2011

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Tu n'es plus là. Ton fauteuil s'ennuie. Les murs s'en foutent.
Tes oiseaux pleurent.
La maison est calme. Le robinet de la baignoire goutte.
Il y a encore des plis mous sur tes draps.
Ta vareuse est suspendue dans l'entrée.
Je me souviens de cette photo. Début avril, je déclenche. La pièce est vide. Mais dans la chambre voisine, tu es toujours vivant.

vendredi 8 octobre 2010

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J'ai fermé les yeux pendant que mes cheveux tombaient par petits paquets.
Je les sentais à peine atterrir sur mes mains.
La porte était restée ouverte et j'entendais les voitures tousser, les saccades des talons aiguilles, la rue sous le soleil.
Il y avait aussi le patron, la cascade de sa voix. Grave, avec un léger accent. Un gouffre frais. Tout ce qu'il susurrait dégoulinait sur moi. Et j'aurais pu prendre cette douche pour le reste de ma journée.
J'ai rouvert les yeux sur la coiffeuse, tendre et vulgaire qui mettait une main dans son dos et le ventre en avant. Son visage était fin et ses yeux comme des amandes. Ses cheveux noués en hauteur tombaient jusqu'aux épaules.
"J'oublie que je suis grosse, pardon". Elle a sourit en me bousculant.
Elle avait la grâce d'une femme enceinte et un air intrépide.
Elle a continué à cisailler dans tout les sens et mes cheveux s'envolaient comme des confettis.
Dans les glaces, j'ai compté cinq reflets où elle semblait danser et s'émerveiller devant la dégringolade des mèches humides.
Le patron se penchait sur la nuque d'une femme. Il lui soufflait toujours des phrases bleues foncées et tendres. Il approchait son visage rond encore plus près. Je lui trouvais un petit air du sud, avec ses habits noirs, une chemise ample aux manches retroussées, quelques cheveux blancs, longs et bouclés rabattus en arrière.
Sa légère calvitie lui laissait le front dégagé.
Il captivait n'importe qui avec ses deux billes bleues. J'évitais furtivement ce regard transperçant. Ses gestes étaient précis et calmes. Clairement attentionné, il massait légèrement la nuque de la femme. Elle a doucement fermé les yeux.


mardi 5 octobre 2010

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Klavdij Sluban


Le souvenir de ton rire
s'est troué au soleil.

jeudi 28 janvier 2010

Passez passant


L'air chaud souffle mes cheveux
Un par un
sur ma joue ; rougie
Nos reflets dans la glace
l'air chaud souffle
le souvenir d'été
sur ma peau ; rougie
entre les mêches humides
je t'observe,
frotter tes dents
incliner la tête pour t'observer
ton reflet dans la glace
l'air chaud souffle
dans le vide humide
de tes regrets
dans le reflet pâle
et le souffle d'air est devenu brûlant
comme l'hiver brillant
je me mens
je ne pense plus qu'au jour
où tu voulais te foutre en l'air
vide et humide
hiver
souffle reflet
ta peau mes mêches

dimanche 3 janvier 2010

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Koudelka de toute manière à prendre de qui l’oiseau 500 de fleurs moches très triste à ride d’alcool ou la crème rosée au verglas sans barbe

jeudi 13 août 2009

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Canapé vert. Ciel assombri. Dos mal calé.
La télévision s'émiette et ronronne.
Mes paupières sont des parachutes de secours, mal gonflées.
Qui se prélassent au bord de l'iris.